Conscience et matière Une solution matérialiste au problème de l’expérience consciente

Collection : Sciences & philosophie

La version ebook sera disponible ultérieurement.

28,00 €

  • Livre papier
Délais indicatifs : France métropolitaine (3 jours ouvrés pour l'envoi gratuit) ; DOM-TOM (4 à 5 jours ouvrés) ; Autres pays (environ 8 jours ouvrés pour l'envoi gratuit ; vous avez aussi le choix dans le bon de commande d'un envoi rapide mais payant).
Paiement sécurisé
Livraison offerte

Voir une tache rouge, éprouver une douleur soudaine à l’épaule, sentir l’odeur du café, entendre le son d’une trompette : voilà des exemples typiques de ce qu’on appelle des «expériences conscientes». Ces expériences conscientes intéressent les philosophes de l’esprit depuis longtemps, notamment car elles semblent poser un problème fondamental à la conception matérialiste du monde. Il semble en effet extrêmement difficile de comprendre comment une expérience consciente – un vécu subjectif, qualitatif, éprouvé en première personne – peut provenir du fonctionnement du cerveau – un système certes complexe, mais purement matériel. Les expériences conscientes semblent tout simplement distinctes des processus purement matériels, et mettent donc en péril le matérialisme. Face à cette difficulté, de nombreux philosophes matérialistes optent pour une stratégie épistémique : ils affirment qu’il n’existe rien d’autre que de la matière et que, si le matérialisme concernant l’esprit nous semble faux, nos intuitions antimatérialistes peuvent être elles-mêmes entièrement expliquées dans un cadre purement matérialiste.

Cet ouvrage poursuit un triple projet. Premièrement, il entreprend d’exposer le problème de l’expérience consciente pour le matérialisme, tel qu’il se pose dans la philosophie contemporaine depuis une quarantaine d’années. Deuxièmement, il présente et critique diverses tentatives philosophiques récentes pour défendre le matérialisme en poursuivant la stratégie épistémique. Troisièmement, il avance une théorie originale visant à l’explication de nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, poursuivant ainsi la stratégie épistémique de défense du matérialisme.

La conclusion de cet ouvrage est radicale : la manière la plus satisfaisante de défendre le matérialisme, et d’expliquer nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, conduit à l’illusionnisme concernant la conscience. Dans cette conception, les expériences conscientes, en un certain sens, n’existent pas, mais semblent simplement exister. Nous n’avons jamais d’expériences visuelles de taches rouges, ou d’expériences de douleur soudaine à l’épaule, même s’il nous semble parfois les avoir. La conscience n’est qu’une illusion introspective. Cette illusion de conscience, ainsi que le fait crucial que cette dernière soit si difficile à nous représenter comme telle (de sorte qu’à proprement parler l’idée que la conscience soit illusoire nous frappe inévitablement comme incohérente et «absurde»), sont expliqués dans un cadre purement matérialiste.

Ouvrage publié avec le soutien de Sorbonne Université.

Auteurs François Kammerer
Titre Conscience et matière
Sous-titre Une solution matérialiste au problème de l’expérience consciente
Édition 1re
Date de publication Septembre 2019
ISSN 2275-9948
ISBN 978-2-37361-214-1
eISBN 978-2-37361-215-8
Support Papier et ebook pdf
EAN13 Papier 9782373612141
EAN13 PDF 9782373612158
Nombre de pages 534
Nombre de figures 2
Dimensions 16,4 x 24 cm
Prix livre papier 28 €
Prix eBook PDF 20 €

Introduction (page 7)

I. le problème de l’expérience consciente et la stratégie épistémique

Chapitre 1 (page 19) Le « problème difficile » de la conscience,  les arguments antiphysicalistes et les positions philosophiques possibles

1] Le contexte : le physicalisme ontologique et l’expérience consciente

2] Le problème difficile de la conscience

3] Expériences de pensée et arguments antiphysicalistes

4] La forme générale du problème de la conscience ; essai de classification des positions possibles

5] Le gouffre épistémique compris de manière large ; nouvel essai de classification des positions possibles

Chapitre 2 (page 65) La stratégie épistémique : introduction

1] La nature des concepts

2] Le rôle des concepts phénoménaux

3] La nature des concepts phénoménaux

4] Aspects du gouffre épistémique

5] Le gouffre épistémique et les intuitions

6] La stratégie épistémique : les familles de théories

Chapitre 3 (page 123) La stratégie de la référence directe

1] La stratégie de la référence directe ; la référence directe aux sens sémantiques et cognitifs

2] La stratégie de la référence directe : les concepts phénoménaux comme concepts purement recognitionnels

3] Les concepts phénoménaux comme concepts conceptuellement indépendants

4] L’explication du gouffre épistémique par la théorie purement recognitionnelle des concepts phénoménaux

5] Remarques complémentaires sur la stratégie de la référence directe

Chapitre 4 (page 151) La stratégie de l’autoréférence

1] Présentation générale

2] Brian Loar et les propriétés phénoménales comme modes de présentation des concepts phénoménaux

3] Les propriétés phénoménales comme « mode de présentation » des concepts phénoménaux et l’explication du gouffre épistémique

4] Les théories auto-évidentielles (Sturgeon, Hill)

5] Les théories citationnelles des concepts phénoménaux (Papineau, Balog, Block)

6] L’autoréférence sans la citation, ou la théorie du véhicule commun (Papineau)

7] Une théorie informationnelle de la conception auto-évidentielle des concepts phénoménaux (Aydede & Güzeldere)

Chapitre 5 (page 195) La stratégie de l’illusion

1] Présentation générale

2] Variété des théories (Humphrey, Graziano)

3] Derk Pereboom et l’hypothèse de l’erreur qualitative

4] L’hypothèse de l’erreur qualitative et l’explication du gouffre épistémique

5] Conclusion sur la stratégie de l’illusion et les théories des concepts phénoménaux

II. Discussion critique des différentes versions de la stratégie épistémique

Chapitre 6 (page 219) Critique des théories des concepts phénoménaux appartenant à la stratégie de la référence directe

1] Considérations préliminaires et plan de la discussion critique

2] Le problème de la saisie cognitive pour les théories de la référence directe – le cas de l’intuition de saisie directe

3] Réponses des partisans de la stratégie de la référence directe ; réponse de Schroer, réponse de Diaz-León

4] Discussion des réponses des partisans de la stratégie de la référence directe

5] Le « problème de la saisie cognitive » pour les théories de la référence directe – l’intuition du gouffre explicatif

6] Le problème de l’intuition du gouffre explicatif pour les versions amendées de la stratégie de la référence directe

Chapitre 7 (page 253) Critique des théories des concepts phénoménaux appartenant à la stratégie de l’autoréférence

1] Les théories de l’autoréférence comme réponses aux difficultés des théories de la référence directe

2] Discussion de la théorie de Loar

3] Discussion des théories citationnelles des concepts phénoménaux (Balog)

4] La théorie du véhicule commun face à l’intuition du gouffre explicatif (Papineau)

5] Critique de l’explication de l’intuition du gouffre explicatif par le sophisme antipathétique : contre-exemples

6] Discussion de l’explication de l’intuition du gouffre explicatif par le sophisme antipathétique : l’intuition du gouffre explicatif est-elle le résultat d’un sophisme, d’une illusion cognitive ?

7] Discussion des théories auto-évidentielles (Sturgeon, Hill, Aydede et Güzeldere)

Chapitre 8 (page 315) Critique des théories des concepts phénoménaux appartenant à la stratégie de l’illusion

1] Diagnostic des considérations critiques précédentes

2] Discussion de la théorie de Pereboom : le problème du contenu

3] Discussion de la théorie de Pereboom : le problème de l’intuition de subjectivité

4] Le problème de l’intuition d’absence de distinction entre apparence et réalité phénoménale pour les théories de la stratégie de l’illusion : première approche

5] Le problème de l’intuition d’absence de distinction entre apparence et réalité phénoménale pour les théories de la stratégie de l’illusion (Humphrey, Graziano)

6] Le problème de l’intuition d’absence de distinction entre apparence et réalité phénoménale pour les théories de la stratégie de l’illusion (Pereboom)

III. Proposition d’une nouvelle théorie des concepts phénoménaux

Chapitre 9 (page 359) Introduction à une nouvelle théorie des concepts phénoménaux : la théorie CTE

1] Analyse des critiques formulées et plan de la présentation à venir

2] Présentation générale d’une nouvelle théorie des concepts phénoménaux : la théorie CTE

3] L’arrière-plan de la théorie CTE : concepts sensoriels et théorie naïve de l’esprit

4] Les concepts phénoménaux d’après la théorie CTE

5] La théorie naïve de l’esprit en psychologie et la théorie CTE

6] Quelques points difficiles de la théorie CTE : les différents types de concepts naïfs d’apparences, les rôles causaux des expériences

7] Différence entre la théorie CTE et d’autres théories voisines des concepts phénoménaux

Chapitre 10 (page 401) L’explication du gouffre épistémique par la théorie CTE

1] La théorie CTE et l’explication du gouffre épistémique : l’intuition d’absence de distinction entre apparence et réalité phénoménale

2] La théorie CTE et l’explication du gouffre épistémique : l’absence d’interdérivation a priori du phénoménal et du physique et l’intuition de possible décorrélation

3] La théorie CTE et l’explication du gouffre épistémique : l’intuition de saisie directe et l’intuition du gouffre explicatif

4] La théorie CTE et l’explication du gouffre épistémique : l’intuition de l’accès privilégié, l’intuition de subjectivité, la contrainte étiologique

5] La théorie CTE, le physicalisme et l’illusionnisme

6] Comparaison de la théorie CTE avec les autres théories des concepts phénoménaux

7] La théorie CTE et les arguments antiphysicalistes

Chapitre 11 (page 447) Discussion de la théorie CTE

1] Examen d’objections contre la théorie CTE : la théorie CTE est-elle ad hoc ?

2] Examen d’objections contre la théorie CTE : l’objection de l’impossibilité pour les concepts phénoménaux de provenir de la théorie naïve de l’esprit (Papineau)

3] Le problème de l’individuation des concepts phénoménaux : concepts d’états phénoménaux sensoriels et non sensoriels

4] L’expérience, le « donné », peuvent-ils être compris comme une affaire de représentation conceptuelle ?

5] Confirmation indirecte de la théorie CTE : l’explication et la clarification des débats concernant la phénoménologie cognitive

6] Conséquences de la théorie CTE : l’image que donne cette théorie de l’esprit, de la connaissance, de la morale

Conclusion (page 509)

Index des notions (page 513)

Bibliographie (page 515)

Sur le même thème