Pour une approche féministe de la maternité Du «travail des femmes» à celui des sages-femmes

Parution le 19 septembre 2024.

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Libérées de l’assujettissement à leur fécondité, la peur de mourir ou de souffrir, la maternité des femmes est devenue le théâtre de nouveaux enjeux entre la réappropriation corporelle par un réel pouvoir d’agir dans la mise au monde, les alternatives à la naissance hospitalière, le désir de réalisation personnelle et sociale… C’est aussi la question des violences obstétricales avec la reconnaissance des droits inaliénables auxquels tout sujet féminin peut prétendre avec le consentement libre et éclairé.

Du passé au présent, Claudine Schalck, dans la première partie, explore ces différentes thématiques à travers une analyse psychosociologique du contexte patriarcal dans lequel s’inscrivent la maternité et toutes les activités genrées, dites socialement féminines par opposition aux activités dites masculines. Le destin des sages-femmes y croise celui des femmes. Car leur activité porte, elle aussi, la marque des « stigmates » sociaux associés au féminin, dans la division du travail et des tâches, entre normal et pathologique, négativités et infériorités. Où les femmes n’en sont pas moins soumises à une forme d’appropriation de leur maternité et de contrôle de leur corps par les instruments du savoir médical et l’organisation d’un système de soin.

Gérard da Silva montre, dans la seconde partie, combien le corps féminin a été valorisé durant des millénaires avant d’être réputé « impur » et dévalorisé par le monothéisme. Puis, pour ce qui concerne les manuels d’obstétrique en usage depuis le XVIIe siècle, comment l’idéologie patriarcale s’y manifeste par une pensée du féminin référée au modèle du corps masculin et la maternité comme « une maladie qui dure neuf mois ». Ce qui invisibilise l’activité des sages-femmes et vient légitimer un interventionnisme constant sur le corps féminin. Or les femmes ne sauraient être enfermées dans leur « nature », telle que définie par les hommes, au nom de la religion, voire au nom d’une certaine science et du scientisme. Un partage s’impose alors avec le monde médical dans le respect du corps féminin et pour une venue toute en humanité de l’enfant.

Auteurs Gérard da Silva, Claudine Schalck
Titre Pour une approche féministe de la maternité
Sous-titre Du «travail des femmes» à celui des sages-femmes
Édition 1re
Date de publication Septembre 2024
Préface Philippe Cornet
ISSN 2427-4933
ISBN 978-2-37361-456-5
eISBN 978-2-37361-457-2
EAN13 Papier 9782373614565
EAN13 ePub 9782373614572
Nombre de pages 214
Dimensions 16 x 24 cm

Préface de Philippe Cornet (page 3)

Introduction (page 13)

Partie 1

Introduction de la partie 1 (page 19)

Chapitre 1 (page 21) Fécondité des femmes versus domination masculine

La fécondité des femmes comme enjeux.

À l’aune de la sujétion sexuelle

Le travail féminin

Un modèle crée par l’esprit

La persistance de l’idéologie patriarcale

L’ordre patriarcal et les effets de double contrainte

Le double bind de la maternité et les progrès des sciences

La maternité, un flanc prêté à la domination masculine

Chapitre 2 (page 45) La maternité ne serait-elle qu’à risque ?

Choisir sa maternité

« Backlash » dans l’émancipation des femmes

La maternité entre risque, pathologie et vulnérabilité

La maternité « tout risque »

La maternité, le « risque mental »

La maternité, le « risque social »

Le coefficient symbolique négatif comme norme

Quelques faits marquants

Chapitre 3 (page 69) Du passé au présent, le destin croisé des femmes et des sages-femmes

Le normal et le pathologique

La maternité, quel pouvoir d’agir pour les femmes ?

Le normal et le pathologique, une division du travail genré dans l’esprit du patriarcat

Femmes et sages-femmes : d’hier à aujourd’hui logées à la même enseigne

La « sale » intimité des femmes versus le « sale boulot » des sages-femmes

Le « sale boulot » des sages-femmes relégué aux systèmes des castes

Femmes et sages-femmes, « sorcières » en puissance

Chapitre 4 (page 93) Le contrôle des femmes par le contrôle des sages-femmes

Pour subordonner et contrôler les femmes,

il faut subordonner et contrôler les sages-femmes

Contrôle genré des sages-femmes versus contrôle genré des femmes

Pouvoir d’agir des femmes versus pouvoir d’agir des sages-femmes

Chapitre 5 (page 113) Le choix de sa maternité comme accomplissement humain et social

Autonomie décisionnelle des femmes quant à leur santé et leur maternité

Le droit pour chaque femme de se réaliser avec sa maternité

Pouvoir d’agir, puissance de vie, accomplissement personnel pour la maternité des femmes

De la « nature » des femmes quant à leur maternité

Plus d’humanité pour la maternité des femmes

Partie 2

Introduction de la partie 2 (page 131)

Chapitre 6 (page 133) Le féminin célébré comme source de vie ou exclu comme impur

La préhistoire ou le patriarcat comme idéologie

Nous autres et les sociétés animales

Le sang des femmes, enjeu symbolique

De la célébration du féminin durant la préhistoire

Le néolithique et la Grande Déesse

L’idéologie du monothéisme masculin et l’impureté féminine liée à l’accouchement et aux règles

Clivage entre le féminin source de vie ou impur

Chapitre 7 (page 149)

Des sociétés matrilinéaires

Il a existé, il existe des sociétés sous l’égide des femmes

Chapitre 8 (page 153) Idéologie patriarcale et obstétrique

L’obstétrique antique

Socrate, « accoucheur » ou « art de la maïeutique » ?

Hippocrate, la maternité avec les « maladies des femmes »

La sage-femme chez Soranos et l’exemplaire corps masculin

Trotula, Secreta mulierum et pensée analogique

Louise Bourgeois, sage-femme de la monarchie, avec pharmacopée ancienne

Mauriceau, les testicules, la sage-femme et l’accouchement naturel

Levret, le forceps et le savoir médical

Du Coudray : « L’Accouchement est dit naturel » avec la sage-femme

1796 : Pinel, une « maitresse sage-femme » à « Messieurs du Comité national de salubrité »

Loi de 1803 : le droit aux sages-femmes d’employer les instruments avec suivi complet de la grossesse

L’humaniste Jean-Louis Baudeloque : accouchement « naturel » ou « contre-nature »

Raulin et les maladies des femmes en couches

Marie-Louise Lachapelle, la sage-femme seule et à égalité avec le médecin

Louis Baudelocque : faire régresser la mort

Boivin : une sage-femme formée et bien informée suffit au suivi complet de la grossesse

1853 : Naegele, le paternalisme et la femme enceinte femme « malade »

Tarnier, la grossesse n’est pas « une maladie de neuf mois », mais un « état physiologique »

La loi de 1892, un recul patriarcal et misogyne

L’enjeu, selon les textes : être mère ou être « malade », « forces naturelles » ou pathologie 

Une « sorte d’excommunication » des sages-femmes

1928, Fabre : la grossesse et l’accouchement sans sage-femme ni femme

Accouchement sans douleur et reflux de la mortalité

Pour le patriarcal Merger : « Mieux vaut en général que l’accouchement survienne de lui-même »

Le code de déontologie des sages-femmes

Épisiotomie, césarienne, déclenchement ou l’éternel recours à l’interventionnisme

Conclusion (page 205)

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